Histoire du tatouage

Au XIXe, siècle, les tatouages sont partout. Il semble une éternité le temps où les gens tatoués étaient vus avec dégoût, suspicion et mépris, et que la conscience collective associait aux gangs , à la criminalité et à l’irresponsabilité.

Tatouage PinupQue les temps ont changé ! aujourd’hui des pin-up tatouées nous contemplent en couverture de magazines, des gens recouverts de peintures corporelles passent à la télévision, et une personne décorée de la tête aux pieds force à peine l’attention dans la rue.

Les choses vont bon train, car il semblerait que nous avons dépassé des siècles de préjugés et que nous apprenons enfin à accueillir les gens dont la peau est marquée de manière permanente.

L’amélioration progressive de ces attitudes sociales a vu naître non seulement l’avènement de la tolérance, mais aussi une réelle appréciation pour cette incroyable forme d’art.

Beaucoup de facteurs ont permis ce changement, mais c’est surtout la grande qualité des tatouages qui leur permet aujourd’hui de parler d’eux-mêmes. Les deux dernières décennies ont permis de révolutionner et d’affiner les techniques des tatouages et ont également vu l’émergence d’une nouvelle génération d’artistes capables d’apporter une nouvelle sensibilité esthétique dans le milieu.

Autrefois recouverts et cachés de la vue des gens, les tatouages sont maintenant fièrement affichés et arborés. Et même si cette ouverture d’esprit n’est pas encore universelle, elle est assez répandue pour marquer un changement décisif dans les mœurs.

Mais il ne s’agit pas d’une tendance nouvelle, car le tatouage existe depuis des millénaires.

En effet, le tatouage est l’une des plus anciennes formes de décoration corporelle et de communication visuelle. Il existe des preuves de marquages corporels venant du néolithique ou de l’Égypte antique, comme certains hiéroglyphes vus sur des momies.

Il est à noter d’ailleurs que toutes les momies tatouées étaient des femmes, cela semblerait indiquer que seules les femmes étaient tatouées à l’époque des pharaons, bien que beaucoup d’inscriptions murales et des statuettes indiquent des marques corporelles distinctes qui permettent de penser que le tatouage était pratiqué sur les deux sexes.

Des preuves de tatouages et de leur mise en œuvre datant de l’ère paléolithique ont été retrouvées en Europe continentale ainsi qu’au Japon. Cela confirme que l’on pratiquait une forme primitive de tatouage il y a dix mille ans : car des aiguilles striées sculptées dans des os supposés avoir servi à marquer la peau ont été retrouvées, ainsi que d’autres outils, dans des caves françaises datant du paléolithique.Tatouage Oetzi

Mais la première forme de vie humaine retrouvée à avoir porté des tatouages date d’il y a seulement cinq mille trois cents ans. Une période durant laquelle « Ötzi » (l’homme de glace) semblerait avoir vécu. Trouvée dans les Alpes italiennes du Nord, cette momie est la plus vieille à porter des formes de tatouages distinctes.

Le tatouage dans les sociétés tribales anciennes ou modernes est depuis longtemps utilisé comme un moyen de communiquer un statut social, un fait marquant, une affiliation à un groupe, ou encore une invocation à la protection divine. Dans les anciens temps et jusqu’à maintenant, le tatouage est considéré comme un rituel de passage important pour l’âge adulte. Les tatouages ont également été utilisés pour éloigner le diable, affirmer le courage d’un homme, noter une récompense ou une punition. Car les premiers tatouages n’étaient pas figuratifs, comme ils tendent à l’être aujourd’hui.

Ils étaient essentiellement constitués de points et de lignes positionnés sur les parties visibles du corps comme un moyen de communication non verbal.

La grande différence entre les premiers tatouages et ceux de maintenant réside dans la manière dont ils communiquent avec les autres personnes. Il est toujours vrai qu’à ce jour beaucoup d’entre eux représentent encore une déclaration envers le monde, comparable certainement aux tatouages tribaux. Mais la plupart des gens d’aujourd’hui portent des tatouages pour leur propre plaisir, sans que le message ne soit adressé au monde entier. Et quelle du’en soit la motivation, un tatouage résulte presque toujours d’un choix personnel, et non social : car il est le signe de notre individualité, d’une déclaration que l’on adresse à un public plus ou moins large.

Le mot « tatouage » porte une origine exotique : il vient du polynésien « tatau », qui est lui-même une onomatopée dérivée du bruit produit par le tapotement des tiges de tatouages artisanales. Il est ensuite adopté par le monde occidental selon le terme « tataw ».Tatouage Polynesien

Au XVIIIe siècle, les navigateurs et les explorateurs furent les premiers à entrer en contact avec les tribus tatouées de Polynésie et rapportèrent cette forme d’art avec eux, ainsi qu’un nouveau mode opératoire constant à planter des teintures végétales sous la peau, ou à frotter des cendres sur une plaie ouverte pour laisser une marque.

La première machine à tatouage rotative originellement brevetée pour la gravure à été inventée par Thomas Edison. Elle fut ensuite modifiée quelques années plus tard pour s’allier de recharges d’encre et d’aiguilles de tatouage. Ces machines sont alimentées au moyen de deux rouleaux électromagnétiques qui font mouvoir une barre sur laquelle les aiguilles sont fixées.

Les équipements d’aujourd’hui sont bien plus perfectionnés et permettent aux artistes de contrôler la vitesse et la profondeur de pénétration des aiguilles afin d’exécuter des nuances plus subtiles. Il arrive que les artistes utilisent des machines différentes, avec des fixations d’aiguilles variables selon l’épaisseur du trait voulu . Même si nos techniques de tatouage diffèrent des méthodes traditionnelles, certains artistes font perdurer ces vieilles techniques qu’ils ont apprises des maitres polynésiens et se spécialisent dans l’art de l’encrage corporel à la main.

Au XVIIIe siècle, le « tataw » apporté par les explorateurs revêtait pour les populations occidentales une connotation très négative. Les gens tatoués furent alors perçus comme des criminels ou des monstres de foire pendant un long moment.

 

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